LA MOBILITÉ DU BASSIN DURANT LA GROSSESSE
Il est essentiel que tu favorises la mobilité de ton bassin durant cette période. Lors de ton accouchement, celui-ci devra bouger de différentes façons pour faciliter le passage de ton bébé. Ton bébé descendra progressivement dans ton bassin, qui est comme un couloir étroit «miné» par trois détroits (obstacles osseux). Une organisation précise dans le mouvement et l’ouverture de ton bassin sera donc nécessaire.
1. Ton bébé va engager sa tête de profil dans la partie supérieure du bassin. C’est le moment pour ton corps de diminuer la courbure lombaire grâce à une bascule du sacrum et une ouverture de la partie supérieure du bassin.
2. Ton bébé va tourner sa tête vers ton sacrum et rencontrer un massif osseux (les épines sciatiques). À ce moment-là, on cherchera à ouvrir la partie inférieure du bassin.
3. Ton bébé va fléchir la tête et rencontrer l’obstacle du coccyx. C’est le moment où il faudra maximiser la mobilité du sacrum pour faciliter l’expulsion de ton bébé.
Je te propose, dans cet article, de te donner tous les conseils que je transmets à mes patientes pour faciliter la mobilité du bassin durant la grossesse, et surtout pendant la phase de travail et la phase d’expulsion, le jour J.
Ce que tu peux faire pendant la grossesse :
Privilégie autant que possible la mobilité en règle générale (nous l’avons déjà abordé dans les articles précédents).
Concentre-toi particulièrement sur la mobilité des hanches pour gagner en souplesse au niveau du bassin. Cela est possible grâce à l’imprégnation hormonale qui va progressivement détendre les ligaments, normalement très puissants, et stabilisant l’ensemble de votre bassin.
Durant l’accouchement, deux phases importantes :
– La phase de travail : le bébé s’engage dans le bassin et le col s’ouvre.
– La phase d’expulsion : le bébé s’engage dans la partie inférieure du col, passe le périnée et sort.
Pendant la phase de travail, il est essentiel de bouger autant que possible : marcher, danser, faire des mouvements sur un ballon ou encore bouger dans le lit avec l’aide de ton accompagnant si tu as la péridurale. Le maître mot est : écoute ton corps et bouge.
Pendant la phase d’expulsion, il est important que tu trouves une position confortable et la plus physiologique possible. Je te décris quatre possibilités, mais elles ne sont pas figées : il en existe d’autres, et tu ne sauras que le jour J quelle sera TA position. L’idée ici est de te proposer des options tout en te présentant les avantages et les inconvénients de chacune.
Il peut être pertinent de préciser dans ton projet de naissance que tu souhaites que l’on t’aide à explorer plusieurs positions pour trouver celle qui te convient le mieux.
1/ Sur le dos (la position gynécologique adaptée)
Mets une serviette roulée et installée en U sous le sacrum pour lui permettre un maximum de mobilité et mets les genoux en position chasse-neige pour favoriser l’ouverture du petit bassin.
Cette position est possible avec la péridurale.
2/ Sur le côté
Positionne-toi en «t’auto-grandissant», hanche en dedans, cheville dans l’étrier (représenté par le ballon).
Cette position est possible avec la péridurale.
3/ A quatre pattes
Cette position favorise l’action de la pesanteur en s’appuyant sur le dossier du lit (représenté par le ballon). On favorise au maximum la liberté de mouvement pour le bassin.
Cette position est rendue difficile avec la péridurale.
4/ Accroupie
Il est intéressant de s’installer en suspension pour diminuer la flexion de hanche. Elle favorise une grande mobilité pour le bassin. Attention la position peut être difficile à tenir dans le temps.
Cette position est impossible avec la péridurale.