LE DIABÈTE GESTATIONNEL : QU’EST-CE QUE C’EST ? COMMENT L’ÉVITER ?
COMMENT LE TRAITER ?
Le diabète gestationnel peut apparaître vers le 6ième mois de grossesse. Il se caractérise par une élévation chronique de la glycémie (taux de « sucre » dans le sang). Ce type de diabète peut être uniquement lié à la grossesse et disparaître après l’accouchement, ou bien révéler un diabète pré-existant. La glycémie augmente d’abord après les repas, puis à jeun, en raison d’une résistance à l’insuline, l’hormone qui permet à l’organisme d’assimiler le sucre. Cette insuline est produite par le pancréas, qui, dans ce cas, ne parvient pas à compenser ce déficit.
Le dépistage du diabète gestationnel a lieu au cours du 2ième trimestre de grossesse, entre la 24ième et la 28ième semaine d’aménorrhée. Chez les femmes enceintes présentant un risque de diabète de grossesse, un premier test peut être réalisé dès le 1ier trimestre, grâce à une glycémie à jeun mesurée par prise de sang. Le test de confirmation, appelé HGPO (Hyperglycémie provoquée par voie orale), est effectué entre la 24ième et la 28ième semaine d’aménorrhée. Ce test consiste à mesurer la glycémie après l’ingestion de 75 g de glucose. Une valeur supérieure à l’une des limites suivantes permet de diagnostiquer un diabète gestationnel: À jeun : > 0,92 g/L, 1 heure après ingestion : > 1,80 g/L, 2 heures après ingestion : > 1,53 g/L.
Le « régime » spécial diabète gestationnel a pour objectif de rétablir une glycémie normale, afin de préserver la santé de la maman et du bébé. Cependant, il est essentiel de prévenir ce risque dès le départ en adoptant une alimentation équilibrée et variée tout au long de la grossesse.
QUELS SONT LES RISQUES POUR LA SANTÉ D’UN DIABÈTE GESTATIONNEL NON MAÎTRISÉ, NON TRAITÉ ?
Pour maman :
– Hypertension artérielle,
– Infection urinaire,
– Risque d’accouchement prématuré,
– Développement possible du diabète de type 2,
– Probabilité plus grande d’accouchement par césarienne.
Pour bébé :
– Macrosomie du foetus (poids à la naissance supérieur à 4 kg),
– Risque de développer un diabète de type 2 et risque de surcharge pondérale,
– Hypoglycémie à la naissance (faible taux de sucre dans le sang à la naissance).
L’alimentation joue un rôle central dans la prévention et le traitement du diabète. Le «régime» adapté au diabète est, en réalité, très similaire aux recommandations diététiques générales destinées à toute la population. L’objectif principal est de maintenir une glycémie stable. Bien que l’injection d’insuline puisse être nécessaire dans certains cas, la prise en charge du diabète gestationnel repose avant tout sur un contrôle quotidien de la glycémie et l’adoption de mesures hygiéno-diététiques.
«Il n’y a pas d’aliment interdit ni d’aliment miracle : le message clé, c’est l’équilibre alimentaire.»
C’EST POURQUOI QUELQUES PRINCIPES GÉNÉRAUX SONT ESSENTIELS ?
– Manger à heures fixes : ne saute ni repas, ni collation.
– Limiter les produits sucrés : évite de les consommer seuls ; intégre-les plutôt au sein d’un repas, car ils augmentent fortement la glycémie. Les aliments riches en sucres simples (comme les desserts sucrés ou les sodas) contiennent peu de fibres et de nutriments. En plus de provoquer des pics de glycémie, ils sont à éviter en cas de diabète gestationnel.
– Pratiquer le panachage : c’est-à-dire avoir un féculent (riz, pâte…) + 1 légume cuit (haricot vert, courgette…) en même temps à chaque repas.
– Favoriser une alimentation riche en fibres : les fibres permettent de réguler la glycémie. Consomme régulièrement des légumes, des légumineuses, des céréales complètes ou du pain aux céréales.
– Intégrer une source de protéines chaque jour : viandes maigres, volailles, poissons, oeufs, produits laitiers, légumineuses, oléagineux.
COMMENT MANGER ?
Il est important de se baser sur trois notions clés :
– La quantité de glucides contenue dans un aliment : chaque aliment apporte une certaine quantité de glucides qu’il est important de connaître pour mieux gérer la glycémie.
– L’index glycémique (IG) : c’est le temps que vont mettre les glucides d’un aliment à arriver dans le sang après une prise alimentaire.
> Un aliment à un indice glycémique élevé si, rapidement après son ingestion, il provoque une forte augmentation du taux de sucre (glucose) dans le sang.
> À l’inverse, un aliment avec un indice glycémique bas fait augmenter le taux de sucre dans le sang de manière progressive et modérée.
Il est donc recommandé de privilégier les aliments pauvres en glucides et à indice glycémique bas et d’éviter les aliments à indice glycémique élevé, qui peuvent provoquer des pics de glycémie.
Aliments à Index glycémique bas
Légumes secs (lentilles, haricots blancs…), Petits pois, Pâte complète, Riz basmati long, Riz complet, Boulgour complet, Pain intégral au levain, Soja, Muesli nature, All bran, Biscuits sans sucre, Pain aux céréales, Lait-yaourt, Légumes verts, Pomme-poire, Orange-pêche, Carottes crues, Cerise, Clémentine, Fruits des bois, Prune, Jus d’orange s/sucre, Chocolat noir et au lait
Aliments à index glycémique moyen
Betterave, Semoule, Pain de seigle, Pain au levain, Pain complet, Pomme de terre cuite à l’eau ou à la vapeur dans sa peau, Banane mûre, Pain au lait, Boulgour, pâtes
Aliments à index glycémique élevé
Pomme de terre en purée ou au four, Purée flocons, chips, Frites, Riz gluant, Riz cuisson rapide, Riz blanc standard, Tapioca-semoule, Baguette, Pain blanc, Pain suédois, Biscottes, brioche, Carottes cuites, Sodas, Biscuits type gaufrettes
LA QUANTITÉ ET LA QUALITÉ DES MATIÈRES GRASSES
– Surveille la quantité de matières grasses consommées : il est déconseillé de consommer des plats et aliments trop riches en matières grasses, car cela peut déséquilibrer l’alimentation et nuire à la santé.
– Privilégie des matières grasses de qualité. Les «bonnes» graisses proviennent principalement d’aliments d’origine végétale, telles que les huiles végétales (tournesol, pépins de raisin, olive, colza) et les huiles de noix ou de lin à utiliser uniquement à froid, les oléagineux (amandes, noix), les germes de blé et les poissons gras, riches en oméga-3 (saumon, maquereau, sardine…).
– Limite la consommation excessive de fruits : ne dépasse pas 3 portions par jour. Leur richesse en sucre appelé fructose élève la formation de triglycérides (graisses saturées) qui augmentent l’imperméabilité des cellules à l’insuline.
Une portion de fruit apporte 18 grammes de glucides et c’est équivalent à :
= 1 pomme
= 1 poire
= 1 orange
= 1 pamplemousse
= 2 mandarines
= 2 clémentines
= 2 kiwis
= 1 pêche
= 1 brugnon
= 1 nectarine
= 1/4 d’ananas frais
= 1/2 melon
= 1 grosse tranche de pastèque
= 4 abricots
= 5 prunes
= 10 mirabelles
= 15 grains de raisins
= 20 cerises
= 1 petite banane
= 10 litchis
= 250 g de fraises, framboises, groseilles, mûres, myrtilles et cassis
= 150 g de compote sans sucre ajouté ou 100 g de compote du commerce
= 150 ml de jus de fruits pur fruit sans sucre ajouté
= 75 g de fruits oléagineux (noix, noisettes, amandes, pistaches)
N’oublie donc pas de tenir compte de l’index glycémique !
Bon à savoir : L’indice glycémique (IG) d’un aliment peut varier en fonction de sa préparation.
Une cuisson prolongée ou un contact prolongé avec l’eau augmente l’indice glycémique.
Il est donc préférable d’opter pour une cuisson à la vapeur. Une orange a un indice glycémique plus bas lorsqu’elle est consommée entière plutôt que pressée. La manière dont sont cuisinés les aliments influencent donc leur indice glycémique. Plus un aliment est complet, plus son indice glycémique est bas. Il est donc recommandé de privilégier le riz complet, le pain complet et les légumineuses.
PETITES ASTUCES POUR ABAISSER L’INDICE GLYCÉMIQUE
– Remplace les féculents classiques par du riz et des pâtes semi-complètes ou du quinoa.
– Intégre des légumes secs (lentilles, haricots rouges ou blancs, pois chiches) dans tes salades et tes soupes.
– Cuisine avec de la farine T80 (semi-complète) plutôt que de la farine blanche.
– Privilégie les oléagineux, en collation, par exemple, jusqu’à 30 amandes maximum par jour.
– Lis les étiquettes alimentaires et choisis des produits contenant au moins 2 à 4 g de fibres par portion.
Pour un effet optimal sur la glycémie, ces recommandations alimentaires doivent être combinées avec une activité physique adaptée. La grossesse ne constitue pas un obstacle à l’exercice physique, bien au contraire. Tu peux pratiquer : la natation, le yoga prénatal ou le Pilates, la marche régulière.