LES CONSEILS DE NOTRE OSTÉOPATHE – PREMIER MOIS POST-PARTUM

BÉBÉ EST LÀ APRÈS 9 MOIS D’ATTENTE.

L’accouchement n’est finalement que le début d’une nouvelle histoire. Cette histoire commence par une rencontre, celle de ce bébé que tu as porté et de ses 2 parents. Pour bébé c’est le passage de la piscine à l’air libre, à la respiration, à la digestion et à la multitude de nouvelles sensations qu’il va falloir intégrer et apprivoiser. Pour vous c’est ce bébé, nouvel être dans votre environnement déjà connu mais qui s’en trouve bien chamboulé. A chacun de s’adapter comme il peut et sans l’ombre du moindre mode d’emploi !!!

Je te propose de découvrir ce qui se passe du point de vue de ton nouveau-né. Lorsque bébé nait, il n’est pas encore mature comme peut l’être un jeune poulain qui au bout de quelques minutes se lève déjà sur ses pattes pour faire quelques pas. Le petit d’homme a besoin d’une longue période de maturation cérébrale après sa naissance afin de devenir autonome. Que se passe t’il pendant cette période ? Si le poulain peut se lever après sa naissance c’est qu’il possède rapidement un schéma corporel solide.
Le schéma corporel est la représentation de notre corps au niveau cérébral, ce qui nous permet d’actionner les parties de notre corps comme nous le voulons en fonction de notre environnement (sensoriel) et de ce que nous souhaitons faire. Le nouveau-né n’a pas encore de schéma corporel à la naissance. Celui-ci va se construire grossièrement la 1ère année, pour ensuite s’affiner jusqu’à permettre vers 6 ans les gestes les plus fins et complexes que sont ceux de l’écriture.
Comment se met en place le schéma corporel ? La stimulation sensorielle d’une caresse sur la main provoque une réponse musculaire (ouverture
de la main). Ce mouvement d’ouverture crée alors des stimulations sensorielles dans chacune des articulations de la main, ce qui provoque de nouvelles réponses musculaires (mouvement) et ainsi de suite….

Petit à petit par la répétition de cette boucle (sensoriel – cerveau – action), se crée au niveau cérébral une représentation de chacune des parties du corps. C’est comme un puzzle. Le bébé prend conscience de chaque partie de son corps isolément grâce aux sensations qui en proviennent puis plus tard il « assemble » ces parties pour se représenter son corps.
Très tôt on peut observer une mobilité spontanée et riche chez le fœtus. On peut même le voir réagir à l’application de la sonde d’échographie, un peu comme s’il jouait avec cet objet qui appui et déforme la paroi utérine… Cette motricité est involontaire et spontanée. Elle se poursuivra après l’accouchement, jusqu’au 5 mois du bébé.
De la naissance à 3 mois cette motricité involontaire concerne tout le corps. Elle met en mouvement l’enfant. Comme une vague, elle commence, monte en puissance puis se calme.
De 3 mois jusqu’à 5 mois, ces mouvements n’agitent plus tout le corps d’un seul bloc, ils sont plus harmonieux et plus fins, cela ressemble presque à une danse. Ces mouvements spontanés permettent au bébé de se créer des stimulations sensorielles internes (articulations, muscles…) et ainsi l’aide dans la mise en place de son schéma corporel. Les stimulations externes qui viennent de son environnement, papa et maman, les grands parents, mais aussi l’étiquette du body, le chaud ou le froid… sont également très importantes pour la mise en place de son schéma corporel. Le portage rassurant dans les bras, le moment de la tétée, les échanges yeux dans les yeux, les sourires… Toutes ses stimulations structurent l’enfant. Elles participent grandement à la mise en place de son schéma corporel. L’aide à comprendre ses limites corporelles, chose qu’il n’a pas encore.

L’accouchement est une rupture de la fusion physique et psychique que partageaient la mère et l’enfant.
A partir de ce moment le bébé est séparé de l’utérus, du corps de sa mère dont il pensait faire partie et avec lequel il pensait ne faire qu’un.
Le nouveau-né doit petit à petit prendre conscience qu’il n’est qu’un. Cet apprentissage se fait d’abord au niveau physique, par la différenciation de son corps par rapport à celui de sa mère et par la sensation d’avoir des limites corporelles. Le toucher, les caresses, les massages, le portage rassurant et enveloppant, aide énormément le bébé à découvrir ses limites. Cette représentation de ses propres limites corporelles, se met en place en même temps que le port de tête et la stabilisation de la colonne vertébrale ce qui lui permettra vers 3-4 mois de rentrer en interaction avec l’autre, de suivre du regard, de commencer à attraper les objets à deux mains…

C’est un apprentissage qui demande du temps et de la répétition. D’où l’importance d’un portage rassurant c’est-à-dire en enroulement : jambes en tailleur, ramenée sur le ventre, bassin enroulé vers l’avant, bras rassemblés vers l’avant proche de son visage et de sa bouche. C’est une position très proche de la position fœtale de fin de grossesse.
Vers 4 mois, maintenant qu’il s’est différencié du corps de maman, qu’il a réussi à stabiliser sa colonne vertébrale et donc à tenir sa tête pour libérer son regard, le bébé découvre qu’il existe un espace autour de lui qui n’est plus l’utérus mais qui reste bienveillant et rassurant.
Un espace d’échange dans lequel l’autre (personne ou objet) apparaît et disparaît, un espace dans lequel il peut interagir avec cet autre. Un espace dans lequel il peut communiquer.

Concrètement comment s’y prendre ?
Le portage (aux bras, écharpe, porte bébé) apporte une grande quantité de stimulations sensorielles : l’enfant est balloté sur le rythme de tes pas, bercé par ta respiration, les vibrations de ta voix…
Le moment du biberon ou du sein est très riche en stimulation également : tout ce qui se passe au niveau de la bouche (succion, déglutition), sa respiration qui doit se coordonner avec la succion/déglutition, votre échange de regard… Pour bien téter le bébé a besoin d’être contenu : enroule son bassin, sa tête doit être droite. La déglutition sera beaucoup plus difficile si ça tête est penchée en arrière. Tu peux faire le test sur
toi, mets ta tête en arrière et essaies d’avaler ta salive…
Le moment du bain est parfois même tellement riche en stimulation qu’il en devient stressant. Si ton bébé pleure lors du bain : prends la douche avec lui, en présence du conjoint obligatoirement (sécurité). Fais couler l’eau sur ton épaule pour que bébé n’est pas de jet en direct, et prend le
contre toi pour le rassurer. Mouille-le délicatement. Pas de savonnage dans ce cas (trop de risque de chute).
Lorsque tu as passé les 6 semaines après l’accouchement et que tu peux prendre un bain avec bébé. Toujours pour des questions de sécurité, mets-toi dans le bain, papa dépose ensuite bébé sur ta poitrine ventre contre toi. C’est un moment tendre et rassurant.
Le change est aussi un moment d’échange pour bébé. Lorsqu’il s’est sali jusqu’au milieu du dos tu peux ramener ses jambes en tailleur sur son tronc puis les amener à droite pour dégager son côté gauche et inversement. Tous vos gestes du quotidien pour prendre soin de votre nourrisson, tous ces moments d’échanges de regards, de sourires… sont autant de stimulations sensorielles. Imaginez qu’il passe d’un monde où chaque sensation étaient connues, où il n’avait aucun besoin. A un monde de besoins (la faim, la soif,…), de sensations nouvelles (la pesanteur, les gaz qui
passent dans son ventre, les selles qu’il expulse, les vêtements,…). Alors restez simple, c’est déjà tellement riche pour lui. Ce dont il a vraiment besoin pour s’épanouir c’est tout simplement de votre contact rassurant et structurant.

Et toi prends le temps de laisser ton corps récupérer de cet incroyable effort.
Dans les premiers jours afin de calmer les douleurs au niveau du périnée tu peux utiliser les poches de gel que tu as reçus dans une box précédente : allongée confortablement sur le dos (dans le lit, sur le canapé, au sol sur un tapis…), un coussin sous la tête, les jambes surélevées (posées sur le ballon, l’assisse d’une chaise, un coussin…) ; applique la poche de gel froide enveloppée dans un linge (pour éviter toute blessure), pendant 3 à 5 min, 1 à 2 fois par jour la 1ère semaine. Respire profondément et calmement. Tu peux prolonger cet exercice jusqu’à la 3ème semaine après l’accouchement 3 min, 1 fois par jour.
La position assise peut s’avérer inconfortable, c’est le moment de sortir le ballon toujours peu gonflé. Assise sur le ballon bouge doucement : avant/arrière, latéralement, fais de petits cercles ; dans de très faibles amplitudes. Le but est de « masser » doucement ton périnée.
Les exercices de respirations que nous avons vus tout au long des articles précédents favorisent le retour veineux et permettent ainsi d’aider au drainage de l’œdème au niveau du périnée. Jusqu’à la rééducation périnéale, effectue ces exercices, allongée sur le dos, jambes un peu
relevées avec un petit coussin sous la tête. Afin d’éviter la pression sur le périnée et les douleurs, pense à mettre le marche-pied quand tu vas aux toilettes, au moins jusqu’à la rééducation complète du périnée.
Pour porter bébé…
Tant que la rééducation du périnée n’est pas faite, tu peux porter bébé mais en faisant attention à tes postures.
Le portage en écharpe (classique, en coton tissé) est le plus adapté pour la maman et le bébé. Mais ce n’est pas toujours le plus facile à mettre en œuvre. Pour t’aider tu trouveras sur notre blog le cours de portage en vidéo réalisé par Julie notre super Kiné Mininoo. Si tu n’es pas à l’aise, il existe aujourd’hui de nombreux porte bébé dit « physiologiques ». Le plus important étant que bébé soit assis (en petite grenouille), genoux plus haut que les hanches, et pour la maman, la sangle qui passe dans le bas du dos doit passer sur le haut des fesses (et surtout pas dans le creux des lombaires, la cambrure en bas du dos).
Attention au « cosy », c’est lourd et le poids est déporté. Tu auras rapidement mal au dos à force de le porter ainsi. Utilise-le fixé sur la poussette plutôt qu’à bout de bras.

En attendant prends du temps pour toi, ton bébé et votre famille.
Emilie

CONNECTE TOI À TON ESPACE ABONNÉE POUR LIRE TON ARTICLE
Retour en haut