LE CONSEIL DE NOTRE PSY POUR TON PREMIER MOIS POST-PARTUM

« Le Post-partum dure 3 ans… »
Ça y est, bébé est là, et avec lui son lot de joie et de bonheur, mais également de doutes et d’inquiétudes. Le post-partum est défini comme la période qui suit l’accouchement, de la sortie du placenta jusqu’au retour de couche… C’est vague vous allez me dire ! Et vous avez raison ! Alors comment donner une définition plus complète et plus juste ? Le post-partum, c’est avant tout un chamboulement physique, émotionnel et mental à la suite de la naissance de votre enfant. Car mettre au monde un enfant, sera certainement l’évènement le plus saisissant de toute votre existence. L’accouchement, suivi du post-partum, vont réserver aux parents un tsunami d’émotions ! Et nous pouvons dire qu’il existe autant de façons de vivre le post-partum qu’il existe de mères, et plus largement de parents !
Pour bien vivre son post-partum il n’y a pas de recette miracle, le jour de l’accouchement c’est la naissance de l’enfant mais aussi celle du statut de mère et de père, dont la découverte va se faire progressivement. Il faut avoir conscience qu’en tant que parent, nous allons être parfois (voire souvent) dépassés par les évènements, la notion de performance n’a pas sa place dans la parentalité, on va apprendre à vivre au rythme de bébé. Et même si nous avons connaissance en amont de l’accouchement, de toute l’intensité de cette parentalité, ce n’est qu’en la vivant qu’on peut se faire sa propre expérience.
Anna Roy, la célèbre sage-femme de l’émission des Maternelles, dit que le post-partum dure 3 ans, avec différentes étapes clés par lesquelles les parents vont passer. Sur les 6 premières semaines après l’accouchement, c’est la période des douleurs corporelles, le corps se remet d’une éventuelle déchirure ou épisiotomie, on découvre les tranchées (contractions de l’utérus permettant à ce dernier de retrouver sa taille et sa place d’origine) et les lochies (pertes de sang à la suite de l’accouchement), et on endure la fatigue intense du fait des éventuelles nuits écourtées, et de toute l’énergie supplémentaire que l’arrivée de bébé va demander. Sans compter l’anxiété qui peut nous submerger face au poids de la responsabilité de ce petit être dont la vie nous est confiée.

Pendant les 6 premiers mois, on peut dire que c’est la mise en place de la nouvelle organisation familiale et professionnelle, on essaie de trouver un rythme, de sortir des nuits compliquées. On doit apprendre à accepter que notre fonctionnement personnel, et de couple, ne sera plus jamais
le même qu’avant l’arrivée de bébé. D’un point de vue personnel, on perd en liberté, et au niveau du couple il va falloir apprendre à se réinventer car l’entrée de ce nouveau membre au sein de la famille va bouleverser ses fonctionnements.
Après la première année, c’est là que bien souvent on sent que l’on commence à sortir la tête hors de l’eau. On réalise qu’en une année il s’est passé tellement de choses, les premiers apprentissages de bébé, les sourires, les rires, le 4 pattes, la marche, les premiers mots, les premières dents, les premiers repas, son premier anniversaire…
Et c’est enfin, vraiment, à l’approche des 3 ans de l’enfant, que l’on a le sentiment de retrouver sa forme d’avant. Et ça c’est important de le savoir car quand on a la tête dans le guidon, les traits tirés par la fatigue, les maladies de bébé, et les nuits difficiles, on peut avoir le sentiment que l’on
ne va jamais retrouver de l’énergie, mais si je vous le promets !
Alors quels conseils peut-on vous donner ?
On ne le dira jamais assez, mais acceptez de vous faire aider (par vos parents, beaux-parents, personnels de santé, Unité Parents Bébé, PMI, blogs, podcasts, etc…).
Ne soyez pas pressé(e), l’arrivée d’un enfant, vous inscrit dans une nouvelle temporalité, un nouveau rythme et les choses vont se faire étape par étape. Le développement d’un enfant est particulier à chacun (un enfant peut marcher tôt ou tard, parler tôt ou tard), cela n’engage en rien
la suite de son développement. Chaque enfant a son rythme d’apprentissage, ne vous stressez pas avec les normes !
Arrêtez de culpabiliser, et détachez-vous de la pression psychologique de vouloir toujours tout bien faire. Il faut surtout faire comme vous pouvez ! La mère parfaite n’existe pas, c’est grâce aussi à vos erreurs et vos failles que votre enfant se construit dans la sécurité parce qu’il sait que vous l’aimez. Dites-vous que le post-partum est un état transitoire, et cet état ne dure pas, tout passe.

Enfin essayez de ne pas subir cet état, et voir ce moment de vie comme une chance, déjà par tout ce que votre enfant va vous apporter, mais également de comprendre que ce moment du post-partum est un moment de latence, permettant une réflexion très profonde de ce que vous êtes ou de ce que vous souhaitez. Ce n’est pas pour rien que l’on assiste très souvent à des changements professionnels intervenant après le congé maternité.
Devenir parent est certainement une des expériences de la vie les plus enrichissantes, prenantes, engageantes, le bébé en arrivant au monde nous élève au statut de parents, et en tant que parent nous allons apprendre à élever cet enfant, mais le piège serait de trop idéaliser la période post
accouchement et plus largement la parentalité.
Belle rencontre,
Coline

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