Après l’accouchement, comme pour un sportif de haut niveau lors d’une performance, ton organisme a eu besoin d’une phase de récupération, le 1er mois post-partum. Le repos nécessaire du 1er mois commence à laisser la place à une reprise des activités quotidiennes en douceur, la rééducation périnéale est en cours et tu commences à reprendre en main ton alimentation. Pourtant tu peux conserver des douleurs, des gênes ou des tensions. Ton corps a mis 9 mois à s’adapter et à s’organiser en fonction des contraintes dues à la grossesse : changement de poids, augmentation de la taille de l’utérus…
Lors de l’accouchement le changement est rapide, en quelques heures tu perds environ 5 à 7 Kg, la taille de l’utérus diminuant, les organes digestifs reprennent l’espace libre, ton bassin qui a bougé pour laisser passer bébé, reprend sa mobilité habituelle…
Tous ces changements sollicitent ton organisme, qui doit s’adapter rapidement à de nouvelles contraintes. Alors « même si c’est prévu pour » cela peut laisser quelques tensions. Les douleurs ressenties peuvent être diverses : articulaire : douleur de dos, de cervicales, sciatique…, abdominale : crampe, hémorroïdes…, gynéco : douleurs aux rapports, à l’émission des selles ou des urines… ces douleurs nécessitent avant tout, un examen médical par ta sage-femme ou ton gynécologue.
Certaines douleurs présentes pendant la grossesse peuvent persister malgré l’accouchement : douleurs aux poignets, remontées acides, sciatique, hémorroïdes, mauvais retour veineux…
En bref, ton corps n’arrive pas à retrouver un équilibre.
Une consultation chez un(e) ostéopathe peut être nécessaire. L’ostéopathie vise à rétablir la déformabilité naturelle des différentes parties du corps afin de leur rendre leurs capacités adaptives et ainsi permettre au corps de retrouver un équilibre satisfaisant et confortable.
L’adaptabilité ne concerne pas que ton corps, c’est une ressource que tu commences à découvrir en toi. Une nouvelle compétence qu’il n’est pas toujours facile à mettre en place. Tu dois t’adapter aux nouvelles sensations de ton corps, à un nouveau rythme (nuits fractionnées, horaires des siestes, des biberons…), à une nouvelle organisation (les courses, le ménage, le linge…) et tout cela en fonction de bébé. Pendant la grossesse même si ton rythme de vie avait changé, tu t’organisais en fonction de toi. Concernant ton bébé dans ton ventre, tu maitrisais tout pour lui, il était nourri, logé, blanchi, choyé, un véritable hôtel grand luxe. Tous ses besoins étaient satisfaits avant même qu’ils ne les ressentent et sans que cela ne modifie réellement tes journées et tes nuits. Suite à l’accouchement c’est le temps de la découverte, des moments à deux, à trois ou plus.
Le quotidien est encore loin. Puis après ce 1er mois de rencontre pendant lequel tu as appris à découvrir ce petit être, le quotidien reprend sa place avec son lot d’« obligations » : les courses, le linge, le ménage, et bientôt le boulot.
Aujourd’hui tu es à la veille de reprendre ta vie « d’avant » qui ne sera pas « comme avant ». La reprise du travail est aussi synonyme d’une organisation quotidienne intense. Pour la 1ère fois tu vas laisser ton bébé de façon régulière, tu vas reprendre un rythme alors que tu ne dors pas la nuit, tu te sens dans l’obligation de faire comme avant alors que ta vie a changé…
D’un seul coup, sans vraiment y avoir pensé, tu te retrouves avec un petit être totalement dépendant de toi et qui en plus ne communique pas dans ta langue. Tu voudrais qu’il se plie à ton quotidien chargé, qu’il te laisse dormir et pourtant ça ne se passe pas comme tu le souhaites. Tu te sens seule et souvent incomprise par un accompagnant qui a déjà repris le boulot et qui rentre le soir étonné de ne pas te trouver épanouie de t’occuper de votre bébé. Tes proches te pensent experte en changement de couche, pro du biberon ou de l’allaitement, instinctive dans la compréhension de ses pleurs… Personne ne semble imaginer tes doutes et tes peurs. Comment font ces autres mamans qui semblent si épanouies avec leur nourrisson ??? Si tu savais que secrètement ces autres mères doutent autant que toi, parfois jusqu’à tomber dans un mal-être intense…
La dépression post-partum peut toucher toutes les femmes. Différente du baby blues qui correspond au bouleversement hormonal de la 1ere semaine, la dépression postnatale peut survenir de plusieurs semaines à plusieurs mois après la naissance. Les signes, plus intenses que pour le baby blues persistent et s’intensifient dans le temps : tristesse, dévalorisation, culpabilité, épuisement, troubles du sommeil persistants même si bébé fait ses nuits, modification de l’appétit, irritabilité, anxiété extrême (surtout concernant la santé et le bien-être du bébé), pleurs fréquents, inquiétudes s’accentuant avec les responsabilités à assumer, sentiment d’accablement, que les choses ne changeront jamais… Mais également une incapacité à s’occuper correctement de son nouveau-né voire un refus de passer du temps avec lui, des difficultés à ressentir de la joie, du bonheur depuis la naissance, voire l’expression de regrets. Ce qui enferme encore plus la mère dans la honte et donc dans la solitude.
La dépression post-partum n’est pas une fatalité, de nombreuses solutions existent. Dans un 1er temps le plus important est d’en parler au plus vite à ton entourage et de contacter ton médecin ou ta sage-femme. Sur notre site Mininoo tu trouveras des ressources. Nos coachs sont là pour t’écouter puis te réorienter, si nécessaire, vers des professionnels de ta région.
Il existe également des associations comme « mamans blues » ou des unités parents – bébé (UPB) en lien avec un hôpital local. Au niveau national tu peux contacter La LigneParents 1 www.ligneparents.com (800 361-5085) (service d’intervention accessible jour et nuit, gratuit et
confidentiel).
L’important est de retrouver un lien social. Tu peux contacter à tout moment une auxiliaire de puériculture de la PMI (Protection Maternelle Infantile) de ton secteur, elle répondra à tes questions et tes inquiétudes. Il existe également le LAEP (Lieu d’Accueil Enfant-Parent) c’est un espace
spécialement organisé pour le partage d’un bon moment entre le parent et son bébé, c’est aussi un lieu de rencontre avec d’autres parents ou personnel du centre (bénévoles ou professionnels).
Il existe des LAEP dans tous les départements, tu trouveras toutes les coordonnées sur le site de la CAF.
Accorde-toi des moments pour toi : reprends une activité (sportive, artistique…), prends un café avec une amie, poses toi avec une revue ou un livre, prends un RDV chez le coiffeur, ou l’esthéticienne… Commence par des choses simples et accessibles.
Lors de l’atelier nous verrons comment prendre soin de soi par des gestes simples qui peuvent soulager les petits bobos du quotidien. Pense à préparer ton ballon, une petite balle souple ou une serviette et un manche à balais ou un bâton d’environ 1m.
A très vite. Emilie.